Gerardo Lizagarra

LUCCHESI (José M.)Almas esclavas. Himno á república española. Letra de Manuel LI. Cortès. Musica de José M. Lucchesi y Leal Pescador.

Paris, Bruxelles, New York, Berlin, Editions Salabert, (1931).

Partition musicale, petit in-folio (349 x 268 mm), couverture d’édition illustrée en couleurs. (4) pp., 1 feuillet libre inséré. Complet. Musique du compositeur d’origine brésilienne José Lucchesi (1897-1989).

Edition orignale.

Magnifique composition de couverture du peintre et affichiste Gerardo Lizagarra (1905-1984).

Après avoir étudié en 1924-1925 avec Javier Ciga, Lizagarra intègre l’académie de San Fernando à Madrid, où il est l’élève de Cecilio Pla, Manuel Benedito et Romero de Torres. Il fait la connaissance de Salvador Dali et de Maruja Mayo. En 1927, son tableau « Ventisca », réalisé à Peñalara, est présenté et parrainé par le roi Alphonse XIII. Il obtient le titre de professeur le 15 juin 1928.  Cette même année, la Diputación Foral de Navarra lui octroie une bourse pour étudier à Paris. Dans la capitale française, il est surpris par l’œuvre des cubistes.

En 1928, il épouse à Saint-Sébastien la peintre surréaliste Remedios Varo (1908-1963), qu’il a connue à San Fernando. Le couple s’installe à Barcelone. Dans la cité catalane, il met à profit ses dispositions créatrices. C’est ainsi qu’il est le metteur en scène de l’opéra « Pedro Mari (canción de libertad) », jouée au Teatro del Liceo de Barcelone puis dans toute la Catalogne. Il fonde le Syndicat des dessinateurs professionnels de Barcelone et remporte des prix pour ses affiches. Le syndicat, affilié à l’Union Générale des Travailleurs, entame une période de propagande effrénée. Lizarraga fonde la compagnie de cinéma EA [« Ediciones Anti-fascistas »], dont il devient à la fois le directeur et le metteur en scène. Il participe à des expositions dans sa province natale. En 1932, le couple se sépare à Barcelone sans divorcer, peu avant le déclenchement de la guerre civile.

Lorsque le conflit éclate, Lizarraga prend fait et cause pour les républicains. La victoire de Franco l’oblige à se réfugier en France, il connaît alors les camps d’internement d’Argelès-sur-Mer et d’Agde, puis celui de Clermont-Ferrand. Grâce aux démarches entreprises par sa femme, il est libéré en 1941 et conduit à Marseille, où il expose à la galerie Paradis et à la salle Mirian Michelle. Il est nommé directeur artistique de l’Office international de publicité et édition. Il réalise des maquettes, des portraits et des présentations d’expositions pour l’Office de Propagande Allié et France Libre. En 1942, il organise une exposition de ses œuvres à Monte-Carlo, puis il quitte la France pour s’installer au Mexique. Son œuvre y est reconnue et il y acquiert notoriété et reconnaissance, à tel point qu’il fonde en 1945 à Mexico le Cercle des Beaux-Arts, destiné à promouvoir la peinture.

Son œuvre est vaste et variée. On lui doit des huiles, des dessins, des gravures, des illustrations, des affiches publicitaires et artistiques, des scénographies. Ses réalisations sont souvent marquées par la tragédie vécue par l’artiste navarrais au travers de l’exil (AMCA). Une grande rétrospective lui est actuellement consacrée au Museo de Navarra de Pampelune (Espagne).

Bel exemplaire.

Nous contacter
← Voir la vitrine