Sylvestre DUFOURTraitez nouveaux & curieux du café, du thé et du chocolate. Ouvrage également nécessaire aux médecins, & à tous ceux qui aiment leur santé.

Suivant la copie de Lyon, à La Haye, chez Adrien Moetjens, 1685.

In-12, reliure de l’époque, plein veau brun, dos orné et doré à 5 nerfs. 403 pp., 2 feuillets non chiffrés [les pages 217-240 ont été mal reliées]. Initiales ornées, bandeaux, frontispice et 3 belles planches gravés. Complet.

Les trois jolies planches gravées sur cuivre représentent un homme d’Arabie buvant du café, un Chinois du thé et un Indien du chocolat; au bas de chaque planche est représentée la plante. Le frontispice représente les trois personnages autour d’une même table.

Edition très rare, la plus complète, ici dans l’édition hollandaise parue la même année que l’édition lyonnaise.

Premier traité français sur le sujet.

Une partie de l’ouvrage a paru à Lyon en 1671. Le texte a longtemps été attribué au médecin lyonnais Jacob Spon, mais c’est à son ami Dufour ou Du Four que revient la paternité de ce fameux et important traité. Grand marchand originaire de Manosque, Dufour exerçait à Lyon un commerce international de drogues avec l’Orient et était par ailleurs, comme son ami Spon, un amateur de raretés et de curiosités; son intérêt pour les boissons exotiques est donc à la fois celui du grand négociant et celui du grand curieux. Pour cette nouvelle édition de 1785, l’auteur a considérablement revu et augmenté l’ouvrage originel, donnant ainsi une version très largement complétée pour les deux traités du thé et du chocolat, et un texte entièrement nouveau pour le traité du café. Dufour ne supprime pas le discours médical, mais il ne lui adresse plus une importance aussi exclusive et se montre beaucoup plus curieux qu’en 1671 des manières d’accommoder et de consommer. Il relève ainsi qu’on utilise le chocolat en manière solide dans toutes sortes de friandises, qu’il se boit souvent à la glace en Italie, qu’en France les voluptueux le préparent non pas dans de l’eau mais dans du lait chaud – « et y ajoutent un jaune d’oeuf, à quoy je nay jamais pu m’acomoder ». De même deux chapitres du traité du café sont expressément dédiés à la préparation de la boisson, non sans une remarque ironique sur l’usage des Français, qui abusent du sucre: « au lieu d’un brevage de café ils en font un syrop d’eau noircie ».

Agréable exemplaire en reliure du temps.

Note d’appartenance manuscrite du dix-neuvième siècle sur le premier feuillet blanc.

Réf. Bitting, p. 134 / Cordier, Bibl. Sinica, I, 491 / Mueller, p. 67 / Oberlé, Fastes, 733 (éd. de Lyon) / Vicaire, 293 / Livres en bouche, pp. 152-153

Prix : 2.500,00 euros

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