Une femme artiste dans la Finlande du début du vingtième siècle

Litograph by Martta Helminen in Jardin des enfants, Luxembourg à Paris

MARTTA HELMINEN (1890-1983)

Après des études à la Société des Artistes de Tampere (1906-1909), la peintre et artiste graphique finlandaise Martta Helminen enseigne le dessin à partir de 1910 (jusqu’en 1921) au Lycée pour filles de sa ville natale. Elle poursuit parallèlement son apprentissage artistique à Münich (1910), Paris (1914 et 1921) dans la classe du peintre Charles Guérin à l’Académie de la Grande Chaumière, et en Italie (1928). Elle s’installe à Helsinki à la fin des années vingt, dans le quartier de Meilahti; elle occupe une villa en bois surplombant la baie avec son amie, la journaliste et activiste féministe Göta Sinervo (née Salovius). Les deux femmes collaborent au magazine Aamo [Matin], Martta signe plusieurs couvertures. Martta Helminen a peint de nombreux portraits, on lui doit aussi la décoration d’autels pour les églises de Pihtiputaan (1925), Punkaharju (1927), Kangaslammi (1928) et Luumäki (1929), ainsi que des fresques murales (pour l’école Tammela de Tampere).

Il n’était pas aisé pour une femme-artiste d’être reconnue dans la Finlande de l’époque. « Women artists appear to be completely absent from the accounts of Finnish art in the early 20th century. Notions of art described as modernism have been regarded as a male domain.  In the early years of Finnish independence, it was also felt that women could not become artists with a message for the nation. Women artists were no longer awarded prizes as they had been at the end of the previous century, they received hardly any grants, and critics did not write about their work. Only a few Finnish women artists of the early 20th century emerged, such as Helene Schjerfbeck, Ellen Thesleff, Ester Helenius and Sigrid Schauman. The majority of art students, however, were women, many of them becoming professionals in the arts […]. The women artists of the early 20th century include many interesting and unique artists, such as Elga Sesemann, Helmi Kuusi, Sylvi Kunnas, Greta Hällfors-Sipilä, Ina Colliander, Edith Wiklund, Martta Helminen, Meri Genetz, Inni Siegberg, Eva Törnwall-Collin, Aino von Boehm and Gunvor Grönvik.  They would test the boundaries of art, break the boundaries of form, experiment with colour and brushwork, and break up or flatten the visual space » (Riitta Konttinen / Tampere Art Museum).

Lors de son second séjour à Paris, à l’hiver 1921, Martta partage l’atelier de sa compatriote, la peintre Ester Helenius (1875-1955), celle-ci vient de publier un portefeuille de lithographies consacrées La Rotonde, le célèbre café de Montparnasse, et elle initie son amie à cette technique. Ainsi naissent les deux séries de lithographies consacrées au Jardin du Luxembourg; elle sont exposées la même année au Salon Strindberg d’Helsinki, première galerie d’art finlandaise fondée en 1898 par Sven Strindberg (1874-1957), neveu de l’écrivain, et rachetée, en 1917, par Arvid Lydecken (1884-1960), écrivain et poète finlandais, auteur d’ouvrages d’aventures et de contes de fées, précurseur de la science fiction, aussi connu sous le nom d’Arvily, qui signe ici le texte des deux volumes.


Nous proposons :

Martta HELMINEN | Jardin des Enfants. Luxembourg à Paris – Lasten puisto Pariisissa – Barnens trädgård i Paris

[Séries I & II, le tout paru].

Helsinki-Helsingsfors, A.-B. F. Tilgmann O. Y., (circa 1921).

2 volumes in-folio (430 x 324 mm.), en feuilles sous chemises à petits rabats cartonnées d’édition, grande composition originale en deux tons sur le premier plat (en bleu et rose pour le premier volume, en brun et rose pour le second), petite étiquette avec prix de vente (partiellement conservée) du Salon Strindberg sur les plats inférieurs. (4)pp., 6 planches lithographiées en couleurs; (4)pp., 6 planches lithographiées en couleurs.

Ensemble, Illustration de couverture et 12 grandes compositions originales lithographiées de Martta Helminen. Chaque série de lithographies est accompagnées d’un texte littéraire d’Arvid Lydecken, en français, anglais, finnois et suédois. Complet.

Première et unique édition.

Charmante évocation. « Toujours et partout, les enfants sont les enfants: sur les côtes de l’océan Glacial comme sur les rives ensoleillées du Nil, en tout pays, ce sont eux qui raniment la joie, qui enrichissent la vie de l’humanité en y apportant des trésors toujours inépuisables de charme et de bonheur. Mais qu’avez-vous vu de comparable aux transports de bonheur des enfants parisiens dans le Jardin du Luxembourg, ce royaume de l’enfance? …. Avez-vous prêté l’oreille à leurs cris de joie lorsqu’ils montent sur les chevaux de bois ou dans les vertigineuses balançoires? Avez-vous écouté les méditations téméraires, courageuses ou timides de ces jeunes héros et de ces héroïnes en bas-âge lorsqu’il s’agit de faire avancer leurs ânes, tant têtus, tantôt dociles? Avez-vous joui du spectacle de leurs hésitations, de leur bonheur ineffable auprès des marchands de gâteaux, des marchandes de jouets? Si vous avez vu et entendu tout cela, vous avez vu le Soleil lui-même de plus près; vous avez compris qu’il vous serait impossible de trouver dans aucune autre région de l’univers un royaume de l’enfance comparable à celui du Luxembourg, ce petit coin si pacifique au milieu de la vie bruyante et tumultueuse de la grande métropole parisienne » (Arvid Lydecken, t.II).

Tirage non justifié, certainement très faible.

Cerne claire au coin supérieur de la chemise et dans la marge inférieure gauche du double feuillet de préface (sans atteinte au texte) du premier volume, bel exemplaire.

Ref. Riitta Konttinen, Täältä tullaan!, Naistaiteilijat modernin murroksessa, 2017, pp. 109-115 / Leena Kurvet-Käosaar & Lea Rojola, Aino Kallas, Negotiations with Modernity, Finnish Literature Society, Helsinki, Studia Fennica Litteraria 4, 2011, p. 225.

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